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Facteurs physiologiques de la performance

Runvideoworld.com
12 avril 2018

Il y a peu de temps, je vous ai présenté un article général sur les facteurs de la performance en course à pied. Une meilleure compréhension de ces facteurs peut aider votre motivation car cela va améliorer votre sensation de contrôle de ce que vous faîtes et cela va vous permettre de mieux comprendre où vous allez chaque jour lors de vos séances en termes de préparation (cf. la motivation de quoi parle-t-on?). Ce jour, je vais me centrer sur les facteurs physiologiques avec comme appui la vidéo d’une présentation faîte par G. Millet, professeur à l’Institut National du Sport à Lausanne (2011) et physiologiste de l’exercice.

Une présentation claire

Cette présentation est claire et m’a permis de retenir différents points essentiels qui ont des liens directs avec l’entraînement. Je me répète mais cela va vraiment être plus facile d’encaisser les nombreux km parcourus chaque semaine si on comprend pourquoi on le fait. Le savoir ne doit pas rester que dans la tête de l’entraîneur.

D’ailleurs je me permets juste d’ouvrir une petite parenthèse avant de parler du sujet du jour. En athlétisme, la majorité des entraîneurs que vous allez rencontrer sont bénévoles. Le point positif est que l’on a affaire à des gens passionnés par ce qu’ils font. Mais le point négatif est que leur construction des savoirs est souvent empirique et fondés sur des connaissances qui viennent seulement du terrain. Ils n’ont pas forcément eu tous accès à d’autres sources de savoirs. Or aujourd’hui, on ne peut plus se passer des multiples progrès des recherches scientifiques qui sont pratiqués dans le domaine du sport et de l’entraînement. Cela serait dommage de s’en passer.

A travers ce site et d’autres types de ressources bien sûr, je vous invite à construire votre propre savoir en associant expérience de terrain et savoirs théoriques. Les savoirs sont devenus bien plus accessibles aujourd’hui. J’espère ne pas avoir vexé des entraîneurs en disant cela, ce n’était pas mon intention. C’est juste une constatation que je fais par rapport à d’autres sports ou d’autres pays. Je ferme ma parenthèse.

Endurance et performance

Image extraite de la vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=TKgdHCA55OU

 

 La performance en endurance dépend de 3 facteurs

La performance en endurance dépend de 3 facteurs pour la physiologie. Millet compare ces 3 facteurs à votre voiture :

  1. La puissance du moteur : VO2max
  2. L’intensité à laquelle on peut pousser le moteur sur une distance donnée : fraction (seuil)
  3. La consommation d’essence de votre voiture : rendement, économie (puissance/VO2)

Mais il explique que ces 3 facteurs à eux-seuls ne suffisent pas. Bien sûr, je vous renvoie à nouveau vers les différents facteurs de la performance en course à pied.

La VO2max reste un prédicteur très important de la performance en running mais il existe un ensemble de déterminants physiologiques qui limitent cette VO2max. (cf. vidéo)

Le seuil va permettre de déterminer des zones d’entraînements privilégiés exprimées en pourcentage en fonction des seuils. L’idée avec l’entraînement, cela va être de décaler ces seuils pour des pourcentages de VO2max ou de vitesse plus élevée.

Le rendement est aussi une notion très importante. Il nous montre l’exemple de Paula Radcliffe : en 1992 elle court le marathon en 2h26 puis en 2003, elle le court en 2h15. Durant cette période, elle ne présente aucune modification de sa VO2max. Par contre, elle présente une augmentation significative de sa vitesse au seuil (environ 25%). Elle a amélioré son économie de course ce qui a eu pour effet d’avoir un impact très important sur ses performances. Ce facteur n’est donc pas à négliger !

“le mythe d’une vitesse identique et stable durant une course n’existe pas “

Individualiser l’entraînement

Il situe ce point comme valable autant pour les personnes sédentaires que pour un sportif de haut niveau. Il donne plusieurs exemples et invite à s’intéresser à la question de la cinétique de la consommation d’O2 durant l’effort. Il précise que « le mythe d’une vitesse identique et stable durant une course n’existe pas » lorsque l’on mesure la réalité d’un effort. Il y a une variabilité d’utilisation de l’O2 durant l’effort.

Il montre qu’il faut environ 3 min pour une personne normale pour atteindre un plateau de consommation stable d’O2 durant un effort alors qu’il sera de 45s pour un athlète de haut niveau.

Il invite donc à réfléchir nos séances d’interval training en fonction de ceci : combien de temps je passe proche de VO2max avec cette séance ? Selon que l’on ait une cinétique lente ou rapide, il ne va pas falloir prendre les mêmes temps d’efforts, de récupération ou la même intensité. Donc, on ne peut pas copier/coller les séances de Mo Farah si on s’appelle Pierre, Paul ou Jacques et que l’on s’entraîne 2 fois par semaine. L’effet sur la VO2max ou le corps ne sera pas le même.

Paramétrer les interval-training

Il donne plusieurs conseils durant sa vidéo :

  • Il préfère calculer ses séances en pourcentage de VO2max plutôt qu’en pourcentage de FCmax. Il conseille un travail entre 80 et 130% de VO2max pour pouvoir améliorer sa VMA.
  • L’amplitude : elle correspond à la différence entre l’intensité de récupération et l’intensité d’effort. Plus cette amplitude est faible et plus on passe du temps proche de VO2max. Il préfère donc une récupération active (environ 50% de VO2max) à une récupération passive.
  • Il conseille cependant une récupération passive lors d’un travail an anaérobie pour travailler l’augmentation de la résistance aux lactates lors de l’effort.
  • Il faut aussi prendre en compte la notion de fatigabilité neuromusculaire, c’est-à-dire la capacité ressort du système musculo-articulaire. Celle-ci augmente lorsque l’on augmente le nombre de répétitions à intensité maximale et amplitude élevée.
  • Il est aussi important de paramétrer le ratio durée d’effort/durée de récupération. Pour un travail en puissance aérobie, il conseille un ratio situé entre 1 et 2 (ex : 15/15 ou 40/20). Pour stimuler la cinétique de VO2max, il conseille d’augmenter la récupération à 2 ou 3 fois la durée d’effort.

La vidéo

Bref, j’ai essayé de synthétiser les différentes informations issuent de cette vidéo, le mieux c’est maintenant de la regarder.

Les facteurs physiologiques : en résumé

  • Une bonne connaissance des facteurs physiologiques permet de:
  • mieux paramétrer ses entraînements.
  • mieux comprendre le vocabulaire tant utilisé en course à pied
  • et donc d’augmenter sa motivation durablement!


 

 

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