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7 avril 2019

Aujourd’hui, je vous invite à lire un article de N. Gillet et de R.J. Vallerand qui traite de la motivation et de la perfomance. L’intitulé exact de celui-ci est le suivant: “Les effets de la motivation sur la performance sportive au regard de la théorie de l’autodétermination: vers une approche intra-individuelle“. Je viens de le parcourir, en voici les grandes lignes.

 La théorie de l’autodétermination

Cette théorie a émergé des travaux de Deci et Ryan (1985), ils sont parmi les premiers à avoir considéré qu’il y avait plusieurs sortes de motivations. Ils soutiennent entre autre l’idée que la qualité de la motivation est plus importante que la quantité dans la prédiction des comportements et des attitudes des individus. Cette théorie parle de motivation intrinsèque et de motivation extrinsèque.

  • Motivation intrinsèque: c’est-à-dire que l’on s’engage dans une activité en raison du caractère intéressant de celle-ci, de la satisfaction et du plaisir que l’individu peut ressentir lorsqu’il la pratique.
  • Motivation extrinsèque: c’est-à-dire lorsque l’on s’engage dans une activité en fonction d’éléments extérieurs (récompense, pression sociale…).

J’avais déjà abordé ces 2 sortes de motivation dans mon article sur le livre d’Hubert Rippol La résilience par le sport. Dans ce livre, l’auteur constatait que les champions avec handicap présentait une motivation intrinsèque plus développée et que cela contribuait à développer leur confiance en soi et qu’ils pouvaient atteindre ainsi le maximum de leur potentiel.

Un point important a tout de même attiré mon attention dans cette partie de l’article. Trois facteurs rendent cette autodétermination plus efficace au niveau de l’environnement de la personne. Celui-ci doit permettre la satisfaction de 3 besoins psychologiques:

  • L’autonomie: être responsable et à l’initiative de ses propres actions.
  • La compétence: interagir efficacement avec son environnement.
  • L’affiliation: se sentir significativement lié à d’autres personnes.

Ces 3 besoins sont essentiels et ils me parlent beaucoup de part ma formation dans les métiers de la santé. En ergothérapie, on s’attache aussi à développer l’autonomie des personnes, à développer des nouvelles compétences face à une maladie. Dans mon métier, je dois constamment adapter l’environnement pour permettre aux personnes d’être plus autonomes ce qui en retour stimule la confiance en soi, la motivation et le développement de nouvelles compétences. La relation thérapeutique avec le soignant, le soutien des personnes proches (l’affiliation) seront eux-aussi très important pour encourager et soutenir les personnes.

Cette théorie a ensuite évolué (Deci et Ryan 2000) pour parler plus de motivation autonome, de motivation contrôlée et d’amotivation.

  • Motivation autonome: la personne se sent à l’origine de ses choix.
  • Motivation contrôlée: les actions de la personne sont influencées et guidées par les pressions diverses et variées.
  • L’amotivation: la personne ne parvient pas à mettre en relation son comportement et les conséquences qui lui sont associées. La personne cesse en général l’activité dans laquelle elle s’est engagée.

    Quelle motivation pour la performance sportive?

    Les plus et les moins de la motivation vis-à-vis de la performance

     Un profil motivationnel idéal ?

    L’article note qu’il existe une relation significative entre performance sportive et motivation et que celle-ci est valable sur 1 compétition tout comme sur une période de 12-24 mois. En rapport avec la théorie de l’autodétermination, les formes de motivation autonome seraient positivement corrélées à la performance. Ceci aurait des conséquences directes sur les entraînements.

    On peut noter aussi qu’un certain profil motivationnel décrit dans l’article comme l’un des plus performants d’après les auteurs (élevé autonome et élevé contrôlé) peut aussi s’accompagner d’effets négatifs tels que l’épuisement, l’agressivité, la performance à tout prix (tricherie, dopage…) et avoir donc des conséquences à long terme délétère sur la santé. La performance a toujours ses revers…

    L’entraîneur peut avoir une influence majeure sur le développement de la motivation de son athlète. En rapport avec ce qui a été dit juste avant, ils doivent donc travailler pour soutenir l’autonomie du sportif, l’encourager à prendre des initiatives, à faire des choix et d’être à l’écoute de ses réflexions.

    On est donc loin de l’entraîneur autoritaire qui a tous les savoirs et qui n’inclut jamais ses sportifs dans ses choix. L’article décrit même que le style de leadership autocratique est négativement relié à la motivation intrinsèque des sportifs car dans une telle situation les besoins d’autonomie et d’affiliation ne sont pas satisfaits.

    Pour aller dans le sens de la performance, l’entraîneur devrait aussi instaurer un climat motivationnel de type “implication dans la tâche”. C’est-à-dire qu’il met l’accent sur la coopération, l’investissement, l’effort fourni, l’apprentissage et les progrès personnels afin de satisfaire les besoins d’autonomie, de compétence et d’affiliation.

     En résumé

    L’article est très complet, riche en informations et détaille de nombreux travaux sur le sujet, un grand merci aux auteurs pour leurs travaux. Je vous invite à le parcourir en détail (cf lien dans la 1ère partie). Le profil motivationnel idéal commence à se dessiner mais l’article note que les travaux doivent essayer de prendre d’autres facteurs multidimensionnels pour une analyse encore plus fine des résultats comme les facteurs environnementaux par exemple (style de l’entraîneur, contexte…).

     

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